Skip to content
1/7
Quels changements pour les travailleurs au Qatar?

Quels changements pour les travailleurs au Qatar?

Cette histoire est également disponible dans les langues suivantes :  English   Español  عربى

Noor Mohamed vit au Qatar depuis 9 ans. Il envoie de l’argent à sa famille en Inde où il espère pouvoir ouvrir un jour sa propre entreprise concession automobile. 06/2022 © ILO

L’accueil par le Qatar de la Coupe du monde de la FIFA 2022 a placé le pays sous le feu des projecteurs

Au cours des dix dernières années, les rapports faisant état de l’exploitation du travail des migrants, voire de travail forcé, se sont multipliés. En 2014, les syndicats internationaux ont soumis une plainte à l’OIT contre l’État du Qatar alléguant que le pays ne résolvait pas les problèmes de violations des droits des travailleurs.

Après une période d’intenses négociations, l’État du Qatar et l’OIT ont adopté et lancé un programme visant à soutenir des réformes majeures en matière de travail.

Les mesures prises ont d’ores et déjà permis d’améliorer les conditions de vie et de travail de centaines de milliers de travailleurs, mais il est urgent de déployer des efforts supplémentaires pour que tous les travailleurs puissent en bénéficier.

Chantier de construction à Doha, Qatar, 01/2021. Crédit: Labib Choufani

Liberté de changer d’emploi

Auparavant, les travailleurs du Qatar avaient besoin de l’autorisation de leur employeur pour changer d’emploi — l’un des éléments les plus problématiques du système de la kafala qui rendait les travailleurs exagérément dépendants de leur employeur et engendrait des situations d’exploitation du travail.

Grâce aux modifications du système de la kafala en 2020, les travailleurs peuvent désormais changer de travail à tout moment, après une période de préavis de deux mois au maximum. Les travailleurs migrants, y compris les travailleurs domestiques, n’ont plus besoin d’un permis de sortie approuvé par l’employeur pour quitter le pays.

Plus de 669 000 demandes de changement d’emploi ont été approuvées entre septembre 2020 et octobre 2023, avec des résultats positifs pour l’économie du Qatar dans son ensemble.

Annalyn del Rosario a quitté les Philippines pour le Qatar il y a neuf ans afin de mettre de l’argent de côté et d’envoyer ses enfants à l’université. 05/2022 © ILO

Changer d’emploi: Ce qu’il reste à faire

Ces changements majeurs apportés au droit du travail qatarien ont nettement réduit la vulnérabilité des migrants au travail forcé, qui résultait du contrôle démesuré que les employeurs exerçaient sur leur vie.

Mais de nombreux travailleurs continuent de rencontrer des difficultés quand ils souhaitent quitter leur emploi et en trouver un autre, notamment des représailles de la part de l’employeur qui, par exemple, peut annuler le permis de séjour des travailleurs ou porter de fausses accusations de «fuite» à leur encontre.

Le Ministère du Travail et le Ministère de l’Intérieur du Qatar ont connecté leurs systèmes informatiques afin de recouper les informations et d’empêcher les employeurs de prendre de telles mesures mais il reste beaucoup à faire pour que cessent ces pratiques de représailles.

Le manque d’informations relatives à la mobilité des travailleurs constitue aussi un important obstacle au changement d’emploi. Les procédures et les règles doivent être clarifiées afin qu’elles soient toutes bien comprises par l’ensemble des employés et des employeurs qui pourraient alors tirer profit de ces réformes.

Les travailleurs doivent recevoir leur salaire en temps voulu

En mars 2021, le Qatar est devenu le premier pays de la région du Golfe à adopter un salaire minimum non discriminatoire qui s’applique à tous les travailleurs de toutes les nationalités, dans tous les secteurs, y compris le travail domestique. Ainsi, 13% de la main-d’œuvre — 280 000 personnes — ont vu leur salaire augmenter pour atteindre le nouveau seuil minimum.

Les employeurs ont l’obligation de verser le salaire de leurs employés par le biais des banques qataries, ce qui permet au ministère de l’Intérieur de contrôler les virements et réduit les abus en matière de salaires.

Originaire du Népal, Kamal Kumar est opérateur de machine et vit au Qatar depuis quatre ans. Il envoie de l’argent à sa femme et à ses trois filles qui vont maintenant à l’école. 05/2022 © ILO

Salaires: Ce qu’il reste à faire

En dépit du succès important qu’ont connu les mesures prises pour protéger les salaires, il reste encore de trop nombreux travailleurs qui attendent des mois pour voir leur salaire payé.

Les sanctions en cas de non-paiement des salaires ont été revues à la hausse et sont appliquées de manière plus stricte. Un fonds établi par le gouvernement a déboursé 630 millions de dollars pour les travailleurs depuis 2019, illustrant l’ampleur des abus en matière de salaire.

Conformément aux normes internationales du travail, des données, y compris sur le coût de la vie, doivent être collectées pour réviser le salaire minimum. La Commission du salaire minimum du Qatar doit consulter les représentants des travailleurs et des employeurs afin de revoir régulièrement le salaire minimum et de proposer des ajustements.

Un accident, c’est un accident de trop

La préparation de la Coupe du monde de la FIFA 2022 a déclenché un programme de construction massif par l’État du Qatar, englobant la construction de stades et d’autres infrastructures, telles que des hôtels, des routes et des systèmes de transport en commun.

Les rapports sur les blessures et les décès liés au travail varient, ce qui soulève des questions quant aux chiffres réels d’accidents du travail dans le pays.

A l’aide d’une technologie nouvellement développée, le BIT a collaboré avec le gouvernement et d’autres institutions clés du Qatar pour publier un rapport présentant les données les plus complètes disponibles sur le sujet.

L’adoption et la mise en œuvre de nouvelles politiques en matière de Santé et Sécurité au travail (SST) et d’inspection, ainsi que l’atténuation du stress thermique figurent aussi parmi les priorités de l’OIT au Qatar.

Travailleurs sur le chantier du stade Al Thumama, Doha, 02/2018 © ILO

Sécurité et santé au travail: Ce qu’il reste à faire

Le rapport One is too many (Un, c’est un de trop) du BIT a constaté qu’au moins 50 travailleurs avaient perdu la vie en 2020 et qu’un peu plus de 500 avaient été grièvement blessés.

Le BIT aide le gouvernement du Qatar à améliorer la qualité de la collecte des données, un processus actuellement géré par diverses institutions du pays qui utilisent des définitions différentes et ne disposent toujours pas d’approche harmonisée.

Le ministère du Travail du Qatar va créer en son sein un nouveau département dédié à la sécurité et la santé au travail. Il devra se consacrer à la prévention des accidents du travail et au respect des lois visant à protéger les travailleurs.

Le rapport du BIT One is too many a par ailleurs rappelé qu’il fallait faire plus d’efforts pour enquêter sur les accidents et les décès qui peuvent être liés au travail mais ne sont pas classés comme tels pour le moment. Cela garantirait aux travailleurs et à leurs familles de recevoir une juste indemnisation en cas d’accident du travail.

Améliorer l’accès à la justice

Avant les réformes du travail, les travailleurs disposaient de moyens très limités pour déposer plainte en cas de litige avec leur employeur. Ces dernières années, le Qatar a pris des mesures en vue d’améliorer l’accès des travailleurs à la justice.

Entre 2020 et 2021, le nombre de plaintes de travailleurs auprès du ministère du Travail qatarien est passé de 11 000 à 25 000. Cette augmentation s’explique par la mise en place d’une nouvelle plateforme numérique sur laquelle les travailleurs peuvent déposer plainte.

En 2022 et 2023 (jusqu'au 31 octobre), le ministère du travail a reçu respectivement plus de 31 000 et 25 000 plaintes. 

En 2023 (jusqu'au 31 octobre), 60 % des plaintes ont été résolues avant ou au stade de la conciliation; 23 % ont été renvoyées devant les tribunaux du travail; et 17 % sont toujours en cours d'examen.

Travailleurs sur le chantier de construction du stade Al Thumama, 02/2018 © ILO

Justice: Ce qu’il reste à faire

A l’heure actuelle, le temps d’attente des travailleurs entre le dépôt de leur plainte et la réception des salaires et avantages dus peut encore durer plusieurs mois.

Il peut être difficile de se retrouver parmi les mécanismes de règlement des litiges et les travailleurs ont besoin de plus de conseils sur les documents requis et sur des questions comme la manière de se préparer aux audiences au tribunal.

Un cours de formation complet sur la résolution des litiges est en cours d’élaboration. En plus du renforcement des compétences des agents de conciliation, il est prévu d’élaborer des procédures opérationnelles standards et de contrôler l’efficacité des mécanismes de recours.

Faire entendre la voix des travailleurs

Au Qatar, la loi n’autorise pas les travailleurs étrangers à former ou à rejoindre un syndicat. Avant les réformes du travail, les plateformes de dialogue entre les travailleurs et la direction étaient extrêmement limitées.

Lors de la négociation des réformes avec le gouvernement du Qatar, la représentation des travailleurs et le dialogue social comptaient parmi les priorités absolues de l’OIT.

Le dialogue social a pris des formes variées et la nouvelle législation a conduit à l’établissement de comités paritaires personnel-direction au niveau de l’entreprise.

Organisation des premières élections des comités partiaires dans le secteur de l’hôtellerie, Doha, Qatar, 08/2022 © ILO

Dialogue social: Ce qu’il reste à faire

Il appartient aux entreprises de décider elles-mêmes de la création ou pas d’un comité paritaire personnel-direction. Une étude du BIT étudie la faisabilité de rendre ces comités paritaires obligatoires pour les entreprises d’une certaine taille.

Avec l’appui du BIT, le ministère du Travail du Qatar augmente le nombre de comités paritaires et renforce les capacités de dialogue dans les secteurs du transport, de la construction et de l’hôtellerie. Le BIT propose aussi de créer des organes sectoriels pour soutenir l’objectif d’un dialogue social élargi au niveau des branches.

Des chaînes de recrutement plus équitables pour les travailleurs migrants

La pratique selon laquelle les travailleurs migrants à bas salaires paient des commissions de recrutement est fortement enracinée à l’échelle mondiale. Malgré la législation en vigueur dans plusieurs pays d’origine et de destination en vue d’interdire ou de limiter les honoraires de recrutement et autres frais connexes, les difficultés persistent. C’est également le cas au Qatar.

Depuis 2019, le gouvernement du Qatar a créé 14 Qatar Visa Centres (centres traitant les demandes de visa pour le Qatar) dans six pays afin de fournir des informations appropriées aux migrants et de réduire les risques de fraude en matière de contrat.

Le gouvernement a fermé 45 agences de recrutement non conformes en 2022 et quatre en 2023. Avec le soutien du BIT, il procède à une évaluation du système existant en matière d’agrément et de contrôle des agences privées de recrutement.

Originaire du Kenya, Joyce, travailleuse domestique âgée de 35 ans, vit à Doha depuis sept ans. Pendant ses jours de congé, elle apprécie de rencontrer ses amis et de pratiquer du sport. 06/2022 © ILO

Recrutement équitable: Ce qu’il reste à faire

La loi qatarie stipule que les travailleurs ne doivent pas payer d’honoraires de recrutement mais une enquête récente, réalisée par l’Institut de recherche sur les enquêtes sociales et économiques du Qatar, a relevé que 54% des travailleurs à bas salaires payaient pour venir au Qatar.

La dette contractée place souvent les travailleurs dans des situations vulnérables, dans lesquelles ils sont plus exposés à l’exploitation ou aux abus.

Les pratiques de recrutement équitables et les leçons tirées de l’expérience doivent être davantage promues et s’étendre aux opérations des secteurs privé et public.

Mesures d’autonomisation des travailleurs domestiques

Actuellement au Qatar, on compte plus de 300 000 travailleurs domestiques immigrés, dont une majorité de femmes, qui relèvent de la loi no 15 de 2017 relative aux travailleurs domestiques.

En 2021, le ministère du Travail a adopté un contrat de travail standard révisé pour les travailleurs domestiques afin d’aligner leurs droits sur ceux des autres employés du secteur privé, en termes de paiement des heures supplémentaires, de résiliation du contrat de travail et de droit au congé de maladie.

Par le biais des QVC, les travailleurs domestiques émigrant vers le Qatar depuis le Bangladesh, l’Inde, le Pakistan et le Sri Lanka signent dorénavant leur contrat de travail, basé sur le contrat standard révisé, avant leur départ.

La sensibilisation a été primordiale pour la promotion du travail décent dans le secteur du travail domestique (voir Guide pour l’emploi de travailleurs domestiques au Qatar et Know Your Rights)

Catherine, employée de maison âgée de 35 ans, se trouve au Qatar depuis sept ans. Ses enfants sont restés chez elle, aux Philippines. Elle les appelle en vidéo quand elle est en congé. © ILO

Travail domestique: Ce qu’il reste à faire

En dépit des améliorations apportées à la loi et des efforts des sensibilisation, les travailleurs domestiques ont toujours du mal à exercer leurs droits, notamment ceux relatifs à la durée du travail et au droit à au moins un jour de congé par semaine.

Il est important de disposer de temps libre non seulement pour se reposer mais aussi pour présenter d’éventuelles réclamations auprès des autorités compétentes.

Il faut davantage de formation et de sensibilisation — pour les travailleurs domestiques, leurs employeurs et les agences de recrutement.

En outre, les travailleurs domestiques sont confrontés à des difficultés particulières pour faire valoir leurs droits en matière de protection des salaires et de mobilité des travailleurs, une question qui mérite une attention accrue.

La Coupe du monde n’est pas la ligne d’arrivée

Tout le monde s’accorde à reconnaître que le travail n’est pas terminé et qu’il reste beaucoup à faire pour appliquer et faire respecter pleinement les réformes du droit du travail au Qatar. Parmi les grandes priorités de l’OIT, il convient de:

  • Veiller à ce que tous les travailleurs et tous les employeurs puissent bénéficier des réformes de la kafala sur la mobilité des travailleurs
  • Rationaliser l’accès à la justice et le recouvrement des salaires dus
  • S’assurer que la loi visant à protéger les travailleurs domestiques est pleinement appliquée.

Au-delà de la Coupe du monde, l’OIT poursuivra sa collaboration avec le gouvernement, les travailleurs et les employeurs pour soutenir davantage la mise en conformité des lois et des pratiques du Qatar avec les normes internationales du travail.

Pour l’OIT, ce sera l’héritage le plus durable de la Coupe du monde.

Consultez le site web de l'OIT pour plus d'informations sur le travail de l'OIT au Qatar.

Qui sont les travailleurs migrants au Qatar?

La population du Qatar s’élève à environ 3 000 000 habitants. La population active est constituée à 94% de migrants. Il s’agit en grande majorité d’hommes en provenance des pays d’Asie du Sud.

Source: Quarterly Bulletin - Labor Force Survey, Fourth Quarter (Q1) 2023, Qatar's Planning and Statistics Authority.

Chronologie de la coopération entre l'OIT et le Qatar

En 2013, une plainte déposée par des syndicats internationaux a déclenché une série d'actions croissantes dans le cadre du mécanisme de contrôle de l'OIT. La chronologie ci-dessous met en évidence les principales actions et les négociations difficiles qui ont suivi la plainte. Une description complète des procédures de plainte peut être consultée en ligne.

 

2013

La Confédération syndicale internationale (CSI) et la Fédération internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) déposent une plainte auprès du Conseil d'administration de l'OIT alléguant le non-respect par le Qatar de la Convention sur le travail forcé, 1930 (n° 29), en ce qui concerne les droits des travailleurs migrants.

Le Conseil d'administration met en place un comité tripartite ad hoc, composé de représentants des travailleurs, des employeurs et du gouvernement, pour examiner le cas.

2014

Le comité tripartite ad hoc conclut que bon nombre des allégations sont crédibles et publie un rapport contenant une série de recommandations qui sont approuvées par le Conseil d'administration en mars.

Peu après, en juin, lors de la Conférence internationale du travail (CIT), plusieurs délégués des travailleurs déposent une plainte formelle sur le même sujet contre le Qatar en vertu de l'article 26 de la Constitution de l'OIT.

2015

Le gouvernement du Qatar entreprend une série de réformes législatives pour répondre aux questions soulevées par les plaignants et la commission ad hoc.

En juin, la Commission de l'application des normes de l'OIT exhorte le gouvernement du Qatar à abroger le système de la kafala.

2016

Entre mars 2016 et octobre 2017, le gouvernement du Qatar a continué à introduire des réformes. Celles-ci ont été régulièrement évaluées et discutées à chaque session du Conseil d'administration de l'OIT.

2017

En octobre, le Qatar prend des mesures supplémentaires pour traiter les problèmes mis en évidence par le rapport de la délégation tripartite de haut niveau qui s'est rendue au Qatar en mars 2016, et le rapport soumis par les syndicats.

Prenant note des progrès accomplis et de l'engagement à poursuivre la coopération, ainsi que des rapports des partenaires sociaux et d'autres acteurs internationaux, le Conseil d'administration décide de clore la procédure de plainte, et négocie et accepte un programme de coopération technique de trois ans pour soutenir les mesures de réforme du travail en cours.

2018‒21

En avril 2018, le bureau de projet de l'OIT ouvre ses portes à Doha, au Qatar. Entre 2018 et 2021, le bureau exécute la phase 1 du programme de coopération technique OIT-Qatar.

Des rapports d'étape annuels sont soumis au Conseil d'administration, et une évaluation indépendante de la phase 1 peut être consultée en ligne.

2021‒24

La phase 2 du programme de coopération technique OIT-Qatar s'achèvera en 2024. Des rapports d'avancement ont été publiés en 2021, 2022 et 2023.
 
Une évaluation indépendante de la phase 2 a été réalisée et ses conclusions seront publiées prochainement.

2024-28

La phase 3 du programme de coopération technique OIT-Qatar a été signée.

1/4

Comment est financée la coopération OIT-Qatar ?

Le programme de coopération technique OIT-Qatar est financé par un fonds fiduciaire direct/domestique (DTF). Ce mécanisme de financement fait référence à la coopération avec les États membres qui confient à l'OIT des ressources financières pour fournir une assistance technique sur leur propre territoire, en plus du soutien régulier que l'OIT peut fournir à partir de son budget ordinaire.

Plus de détails sur le financement des projets de coopération technique de l'OIT, y compris les DTF, sont disponibles dans la publication Mobilizing Domestic Resources : Fonds fiduciaires directs et dans le tableau de bord de la coopération au développement de l'OIT. Le programme de coopération technique au Qatar dispose d'un budget de près de 25 millions USD, couvrant une période d'environ six ans (2018-23).

Nouvelles politiques en matière de SST et d’inspection

Après l’adoption de la première politique nationale d’inspection du travail (2019) et de la première politique de sécurité et de santé au travail (2020), les inspecteurs du travail ont reçu une formation sur des thèmes comme le droit du travail, le travail forcé et la traite des êtres humains, les enquêtes sur les accidents du travail et la SST dans le secteur de la construction.

L’une des formations simulait en réalité virtuelle un chantier de construction sur lequel des inspecteurs du travail devaient identifier les irrégularités.

Le BIT a aidé le département de l’inspection du travail du Qatar à mener des campagnes de sensibilisation sur les priorités identifiées: la législation sur le stress thermique, les conditions de vie dans les logements partagés et les principales causes des accidents du travail.

Les efforts d’inspection en cours sont rendus publics afin de promouvoir la conformité.

Comment les travailleurs sont protégés du stress thermique

Compte tenu du nombre important de travailleurs exposés à des conditions difficiles en été, l’atténuation du stress thermique est une priorité absolue. En 2021, le gouvernement qatarien, avec l’assistance du BIT, a adopté une nouvelle législation qui confère une plus grande protection aux travailleurs :

  • En interdisant les travaux en extérieur entre 10 heures et 15 heures 30, du 1er juin au 15 septembre — la plus longue durée de travail interdite dans la région du Golfe.
  • En exigeant que tous les travaux en extérieur cessent quand la température dépasse 32,1°C.
  • En exigeant des bilans de santé annuels pour les travailleurs qui effectuent leur travail à l’extérieur.

Les campagnes d’inspection du travail au cours des étés 2021, 2022 et 2023 ont abouti à l’arrêt de l’activité de 338, 463 and 504 entreprises respectivement, pour cause de violation de la nouvelle réglementation sur les heures de travail prohibées. Grâce à la nouvelle législation et aux mesures d’inspection, on a enregistré une forte baisse du nombre de patients admis à l’hôpital pour des troubles liés à la chaleur.

Le dialogue social prend des formes diverses

Les membres des comités paritaires personnel-direction discutent des questions liées au travail dans le but de prévenir et de résoudre les conflits sur le lieu de travail. Cette législation — qui autorise l’élection de représentants travailleurs migrants — est une première dans la région.

Les délégués reçoivent une formation du ministère et du BIT sur le fonctionnement et la gestion des comités paritaires, ainsi que sur les divers domaines régis par les normes internationales du travail.

En octobre 2023, plus de 70 entreprises avaient mis en place des comités paritaires et des dizaines d’autres avaient bénéficié d’une formation en vue d’organiser des élections par la suite.

Tester des modèles de recrutement équitable

Des efforts ont été consentis pour tester des modèles de recrutement équitable et mettre en place des conseils et des bonnes pratiques dans les différents secteurs d’activité (voir, par exemple, l’Outil d’orientation pour les hôtels au Qatar).

En 2018, l’OIT a signé un accord de partenariat public-privé avec une société de construction franco-qatarie afin de mettre en œuvre un projet-pilote relatif au recrutement équitable, couvrant l’intégralité de la chaîne de recrutement, des villages du Bangladesh aux chantiers de construction au Qatar.

Une évaluation d’impact du projet-pilote a montré que les travailleurs recrutés après l’intervention payaient en moyenne 268 dollars d’honoraires de recrutement, comparés aux 3 408 dollars que devaient débourser les travailleurs auparavant. Après la mise en place du projet, 93% des personnes recrutées déclaraient n’avoir aucune dette à leur arrivée au Qatar.

Les leçons tirées de cette expérimentation sont diffusées afin d’aider les employeurs à intégrer les pratiques de recrutement équitables dans leur fonctionnement.

Comment le programme de l'OIT au Qatar est-il évalué ?

Depuis 2018, le programme de coopération technique de l'OIT publie un rapport annuel qui documente l'ensemble des activités et des résultats. Le dernier rapport en date peut être consulté ici.

Une évaluation indépendante de la phase 1 du programme de coopération technique a été finalisée en juin 2022, après des entretiens et des consultations, une étude documentaire et une analyse des données et des informations. L'évaluation indépendante de la phase 2 a débuté en août 2023 et sera finalisée en décembre 2023.

L'OIT, par le biais de son organe de contrôle indépendant (Commission d'experts pour l'application des conventions et recommandations, ou CEACR), examine régulièrement la manière dont les pays mettent en œuvre les conventions de l'OIT qu'ils ont ratifiées, y compris le Qatar, afin de garantir des progrès continus. Les derniers commentaires de la CEACR sur le Qatar sont disponibles en ligne.

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience possible. En utilisant notre site web, vous consentez à l'utilisation de cookies. Pour en savoir plus, consultez notre politique de confidentialité.