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Paix et résilience grâce au travail décent

Paix et résilience grâce au travail décent

La pandémie de COVID-19 a aggravé la vulnérabilité d’Etats déjà frappés par des catastrophes et des conflits.

Avant de subir l’actuelle crise sanitaire mondiale, de nombreux pays étaient déjà confrontés à des taux élevés de chômage et de pauvreté, entraînant un risque accru de troubles sociaux. Ces facteurs rendent les pays en proie à la fragilité, aux conflits et aux catastrophes encore moins aptes à anticiper de futures crises.

Le travail décent s’est révélé être la pierre angulaire de sociétés pacifiques et résilientes. Dans ce contexte de pandémie de COVID-19, il est plus que jamais nécessaire.

Parcourez cette InfoStory pour en savoir plus.

Travailleurs de la construction en Mauritanie © OIT

Un monde plus fragile

Dans l’état actuel des choses, 1,6 milliards de personnes courent le risque immédiat de perdre leurs moyens de subsistance en raison de la pandémie de COVID-19.

Or, avant la pandémie, près de 2 milliards de personnes dans le monde subissaient déjà les retombées de catastrophes et de conflits. Lorsque des personnes vivent en permanence sur le fil de la crise – lorsque le moindre grain de sable peut les pousser de l’autre côté –, on dit qu’ils sont en situation de fragilité.

Pour ceux qui sont déjà pris au piège dans des situations fragiles, le COVID-19 représente une menace supplémentaire pour leur survie et les rend moins aptes à faire face à de futurs chocs.

Collecteurs d'eau dans le sable du fleuve Fiherenana asséché à Tuléar, Madagascar. OIT / Marcel Crozet

Le cercle vicieux de la fragilité

Traditionnellement, l’adjectif «fragile» a été employé pour décrire des pays ou régions touchés par la guerre ou un conflit armé mais, aujourd'hui, il est plus largement utilisé pour décrire une situation où les facteurs sociaux, politiques, économiques, sécuritaires et environnementaux se conjuguent pour créer une situation de vulnérabilité permanente ou récurrente.

Une situation de fragilité est rarement causée par un seul événement. Dans une société fragile, il existe généralement une instabilité préexistante ou nouvelle, qui est ensuite exacerbée par un choc majeur ou une catastrophe, ce qui déclenche une série de crises permanentes. Dans la perspective du monde du travail, la fragilité implique fondamentalement que les travailleurs ne peuvent plus avoir accès à un travail décent et que les employeurs ne peuvent plus offrir d’emplois décents, ce qui aggrave encore les vulnérabilités existantes. La fragilité est considérée comme un cercle vicieux.

La voie de la résilience

La résilience est le contraire de la fragilité.

Une société résiliente sera capable de s’adapter et de se relever face à des crises , qu’il s’agisse de catastrophes, de pandémies, de chocs économiques ou de conflits. Une société résiliente est préparée et peut atténuer les pires effets d’une crise et se reconstruire de manière à stimuler le développement économique et social. Une société résiliente retrouvera au plus vite son chemin vers la paix et la stabilité.

Lorsque des catastrophes se produisent ou que des conflits éclatent, la communauté internationale offre une aide humanitaire pour minimiser non seulement les pertes en vies humaines, mais aussi les dommages matériels, économiques et environnementaux. Or, lorsqu’une société se retrouve affaiblie par de tels événements, elle est plus vulnérable que jamais aux nouveaux chocs et menaces. C’est pourquoi les activités de développement ne peuvent être considérées comme distinctes ou accessoires par rapport aux efforts humanitaires.

L’OIT bénéficie de 100 ans d’expérience en matière de coordination avec des gouvernements, organisations d’employeurs et de travailleurs et avec d’autres institutions du système des Nations Unies pour aider les sociétés à passer du mode de gestion de crise à une phase de développement, en s’appuyant sur une vision à long terme et une volonté de «reconstruire en mieux» au lendemain d’une crise.

Un nouveau chemin pour une communauté du Myanmar © OIT / Marcel Crozet

Le mandat de l’OIT

Dès sa création, l’OIT a été convaincue que la justice sociale et le travail décent sont la clé d’une paix et d’une stabilité durables. En 2017, l’OIT s’est dotée d’une norme internationale du travail actualisée destinée à guider ses mandants dans leurs efforts pour traiter les problématiques du monde du travail en crise.

Dans un monde frappé par de multiples crises, la recommandation (n° 205) sur l’emploi et le travail décent pour la paix et la résilience, constitue un instrument historique pour faire face à des situations qui se trouvent à la croisée d’initiatives humanitaires, d’intervention en cas de catastrophe et de développement.

1919

L’OIT est créée avec pour principal objectif de chercher à surmonter les problèmes sociaux et économiques qui ont conduit à la première guerre mondiale.

1944

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, lors de la 26e  session de la Conférence internationale du Travail, l’OIT adopte le premier instrument normatif international pour aider à recréer des moyens de subsistance  au sortir d’un conflit (recommandation n° 71).

1969

L’OIT reçoit le prix Nobel de la paix en reconnaissance du rôle décisif qu’elle a joué pendant la guerre et de l’action qu’elle  mène pour atteindre l’objectif d’une paix mondiale durable.

2017

La Conférence internationale du Travail adopte à sa 106e session la recommandation (n° 205) sur l’emploi et le travail décent pour la paix et la résilience, 2017, le seul cadre normatif international reconnaissant l’importance de l’emploi et du travail décent pour promouvoir la paix, prévenir les situations de crise résultant de conflits et de catastrophes, permettre le redressement, et renforcer la résilience.

2019

Pour célébrer le 100e anniversaire de l’Organisation, la Déclaration du centenaire de l’OIT pour l’avenir du travail développe une approche de l’avenir du travail centré sur l’humain, par laquelle elle reconnaît que le travail décent est essentiel au développement durable, à la lutte contre les inégalités de revenus et à l’élimination de la pauvreté, en prêtant une attention particulière aux zones en proie à des conflits, à des catastrophes naturelles ou à d’autres situations d’urgence humanitaire.

Approche opérationnelle: Des emplois au service de la paix et de la résilience

Guidé par la Recommandation n° 205 sur l’emploi et le travail décent pour la paix et la résilience, 2017, le programme phare de l’OIT «Des emplois au service de la paix et de la résilience» va permettre de créer des emplois, de renforcer les compétences, et de promouvoir le secteur privé ainsi que le développement économique local dans les pays touchés par des crises, autant de moyens de tendre vers des sociétés plus pacifiques et plus résilientes.

Son approche modulaire, basée sur les ressources locales, se concentre sur quatre objectifs.

Facteurs déclencheurs et multiplicateurs

Depuis la création de l’OIT il y a 100 ans, notre monde a considérablement changé. Comme l’indique la recommandation n° 205, le nouveau millénaire apporte des circonstances uniques et de nouveaux défis, dont beaucoup entraînent des situations fragiles ou en sont le catalyseur.

Trouvez ci-dessous de plus amples informations ainsi que des études de cas :

Les plus touchés

Les catastrophes et les conflits n’ont pas la même incidence sur tous les groupes de population. Les populations déjà marginalisées ou défavorisées – comme cela peut être le cas avec les femmes, les jeunes et les peuples autochtones et tribaux – sont les plus touchées.

Trouvez ci-dessous de plus amples informations ainsi que des études de cas :

Ouely José, 18 ans, ancien membre du gang des Foroches, est maintenant indépendant et répare des bateaux après avoir reçu une formation au Centre CFTPS de Diego Suarez, à Madagascar. OIT

Les «nouveaux vulnérables»

Outre leur impact sur des populations déjà marginalisées ou défavorisées, les catastrophes et les conflits donnent naissance à de nouveaux groupes vulnérables – tels que les anciens combattants et personnes déplacées de force –, qui se heurtent souvent à des obstacles majeurs lorsqu’ils tentent de se réinsérer dans la société.

Trouvez ci-dessous de plus amples informations ainsi que des études de cas :

Portrait d'un réfugié vivant dans des conditions difficiles dans le camp de réfugiés du Sommet au Kenya. OIT / Marcel Crozet

Un avenir pour le travail décent, un avenir pour la paix

Même la catastrophe ou le conflit le plus dévastateur peut donner de l’espoir pour l’avenir. Dans un contexte d’après-crise, les sociétés sont souvent plus réceptives au changement. Nous le constatons dans les débats suscités par la pandémie de COVID-19.

L’OIT est persuadée qu’en continuant à mettre l’accent sur le travail décent pour tous, nous pouvons aspirer à des lendemains meilleurs pour chacun d’entre nous. Le fond du problème est aussi clair qu’il l’était en 1919: en temps de crise, la justice sociale est le seul moyen de renforcer la résilience et de construire une paix durable.

Des ouvriers du bâtiment dans un camp de réfugiés jordanien. OIT / Nadia Bseiso

Facteurs de fragilité

On pense souvent à une crise comme à un événement soudain : un tremblement de terre, un crash financier, un soulèvement armé. Mais d'autres crises - la dégradation de l'environnement et les pandémies, par exemple - peuvent progresser sur plusieurs mois, voire plusieurs années, avant d'atteindre le stade de crise et peuvent ne pas atteindre ce stade du tout dans les pays qui sont suffisamment préparés.

Si certaines crises peuvent avoir une origine extérieure, d'autres peuvent se développer à l'intérieur d'un pays, souvent en raison d'une gouvernance faible ou dysfonctionelle. Généralement, les facteurs externes et internes s'exarcerbent mutuellement pour créer une situation fragile permanente.

Comment l’emploi contribue-t-il à la paix?

Changement climatique

Le changement climatique exerce une pression sur les écosystèmes et les sociétés fragiles. Dans un monde caractérisé par un accroissement démographique, une aggravation du chômage, une pauvreté généralisée et une dépendance excessive à l’égard des ressources naturelles sensibles au climat – le tout en l’absence d’une solide stratégie de développement durable –, le changement climatique agit comme un «effet multiplicateur de menaces».

Cela dit, si elle est bien gérée, l’adaptation aux effets du changement climatique peut permettre de créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité et, ce faisant, renforcer la résilience des communautés touchées.

La relocalisation du village de Vunidogoloa

En 2013, l’OIT a aidé le gouvernement des Fidji à relocaliser le village de Vunidogoloa. Vunidogoloa fait partie des dizaines de villages fidjiens menacés par l’élévation du niveau de la mer due au changement climatique. Déplacer un village entier à un kilomètre à l’intérieur des terres est une entreprise colossale, mais aussi l’occasion de dispenser des formations et de créer des emplois temporaires.

Le gouvernement a engagé 28 chômeurs pour construire de nouveaux logements, et l’OIT a apporté sa contribution en fournissant des outils et des équipements de protection.

L’Organisation a aussi fourni des rosettes d’ananas (fibres), des tiges de banane (fabrication d’objets divers) et un séchoir à coprah aux villageois sur leur nouveau site, de manière à leur procurer des moyens de subsistance. Le ministère de l’Agriculture a apporté son soutien sous la forme de conseils relatifs à la diversité des cultures et aux méthodes de plantation, et en construisant une crèche.

 

Economie informelle

L’économie informelle occupe 61% de la main-d’œuvre mondiale. La plupart des gens ne travaillent pas dans l’économie informelle par choix, mais par nécessité – dans de nombreuses contextes fragiles, il n’existe pas d’autres moyens de gagner sa vie. Le travail informel se caractérise par des conditions dangereuses, des salaires bas et irréguliers, des horaires de travail longs et irréguliers, l’absence de représentation des travailleurs, et une couverture de sécurité sociale limitée ou inexistante. Il n’est donc pas étonnant que les travailleurs informels représentent une proportion considérable des travailleurs pauvres dans le monde.

Les pays où l’économie informelle occupe une large place sont particulièrement vulnérables aux chocs extérieurs et aux troubles sociaux. Trouver la voie vers la formalité est un élément essentiel du renforcement de la résilience.

Instaurer la formalité pour les Jordaniens et les Syriens

Avec l’éclatement du conflit armé en Syrie en 2011, des milliers de réfugiés ont commencé à fuir vers la Jordanie voisine. Cet afflux de population a exercé de fortes pressions sur le marché du travail jordanien et, partant, augmenté l’informalité tant parmi les réfugiés qu’au sein des communautés d’accueil. Le programme d’appui de l’OIT en Jordanie a permis de remédier à ce problème en favorisant la création d’emplois formels et décents à la fois pour les Jordaniens et pour les Syriens. Avec l’aide de l’OIT:

  • 46 000 permis de travail ont été délivrés dans les secteurs de l’agriculture et de la construction;
  • 1 500 Jordaniens et Syriens ont pu trouver un emploi par le biais de 11 centres de service de l’emploi;
  • 165 000 jours de travail ont été effectués par des Jordaniens et des Syriens dans le cadre de projets à forte intensité de main-d’œuvre;
  • 30 co-entreprises ont été créées entre Jordaniens et Syriens;
  • 8 178 Jordaniens et Syriens ont passé des examens sanctionnés par un certificat donnant accès à 14 professions dans le secteur de la construction.

Incidence sur les femmes

Partout dans le monde, de nombreuses femmes ont un accès limité aux ressources économiques, en particulier à la propriété, à un financement et aux droits fonciers. En période de conflit, elles se retrouvent souvent seules à subvenir aux revenus et aux soins du ménage. Quand les choses vont mal et que les comportements patriarcaux traditionnels réapparaissent, c’est souvent l’éducation des filles qui en fait les frais en premier. Les femmes sont aussi particulièrement exposées à la violence lorsque que le droit et l’ordre sont bafoués, en particulier lorsque que les viols et les enlèvements de masse sont utilisés comme armes de guerre.

La plupart du temps, les femmes sont également les éléments moteurs du relèvement après un conflit ou une catastrophe. Bien gérée, une crise peut devenir une occasion de lutter contre la discrimination entre hommes et femmes.

Des investissements d’infrastructure pour favoriser l’autonomisation des femmes en Jordanie

Le Programme d’investissements à haute intensité de main-d’œuvre (HIMO) de l’OIT en Jordanie crée des possibilités d’emploi tant pour les communautés d’accueil que pour les réfugiés syriens par le biais de travaux d’infrastructure. Ce secteur n’emploie généralement que des hommes, et la Jordanie affiche l’un des taux d’activité des femmes les plus faibles au monde. L’OIT a dû s’employer activement à faire en sorte que les femmes bénéficient de ce programme, et notamment en veillant à ce:

  • que les entrepreneurs recrutent des femmes pour pouvoir obtenir des contrats;
  • que les femmes n’ayant jamais travaillé auparavant bénéficient d’une formation complète;
  • qu’un système soit mis en place pour garantir que les femmes et les hommes reçoivent un salaire égal pour un travail de valeur égale;
  • que la journée de travail se termine dans l’après-midi, de sorte que les femmes comme les hommes aient le temps de se consacrer aux travaux domestiques et de soins non rémunérés;
  • que les agents de protection sociale, hommes et femmes, reçoivent une formation sur le harcèlement au travail;
  • que les sites de travail soient équipés de toilettes et de zones de repos séparées pour les femmes et les hommes.

Ces mesures pratiques ont débouché sur des réalisations concrètes. Les femmes représentent désormais 10% des effectifs de ces programmes, ce qui montre qu’il est possible de venir à bout des stéréotypes sexistes au travail, y compris dans les sociétés les plus conservatrices.

Incidence sur les femmes

Partout dans le monde, de nombreuses femmes ont un accès limité aux ressources économiques, en particulier à la propriété, à un financement et aux droits fonciers. En période de conflit, elles se retrouvent souvent seules à subvenir aux revenus et aux soins du ménage. Quand les choses vont mal et que les comportements patriarcaux traditionnels réapparaissent, c’est souvent l’éducation des filles qui en fait les frais en premier. Les femmes sont aussi particulièrement exposées à la violence lorsque que le droit et l’ordre sont bafoués, en particulier lorsque que les viols et les enlèvements de masse sont utilisés comme armes de guerre.

La plupart du temps, les femmes sont également les éléments moteurs du relèvement après un conflit ou une catastrophe. Bien gérée, une crise peut devenir une occasion de lutter contre la discrimination entre hommes et femmes.

Des investissements d’infrastructure pour favoriser l’autonomisation des femmes en Jordanie

Le Programme d’investissements à haute intensité de main-d’œuvre (HIMO) de l’OIT en Jordanie crée des possibilités d’emploi tant pour les communautés d’accueil que pour les réfugiés syriens par le biais de travaux d’infrastructure. Ce secteur n’emploie généralement que des hommes, et la Jordanie affiche l’un des taux d’activité des femmes les plus faibles au monde. L’OIT a dû s’employer activement à faire en sorte que les femmes bénéficient de ce programme, et notamment en veillant à ce:

  • que les entrepreneurs recrutent des femmes pour pouvoir obtenir des contrats;
  • que les femmes n’ayant jamais travaillé auparavant bénéficient d’une formation complète;
  • qu’un système soit mis en place pour garantir que les femmes et les hommes reçoivent un salaire égal pour un travail de valeur égale;
  • que la journée de travail se termine dans l’après-midi, de sorte que les femmes comme les hommes aient le temps de se consacrer aux travaux domestiques et de soins non rémunérés;
  • que les agents de protection sociale, hommes et femmes, reçoivent une formation sur le harcèlement au travail;
  • que les sites de travail soient équipés de toilettes et de zones de repos séparées pour les femmes et les hommes.

Ces mesures pratiques ont débouché sur des réalisations concrètes. Les femmes représentent désormais 10% des effectifs de ces programmes, ce qui montre qu’il est possible de venir à bout des stéréotypes sexistes au travail, y compris dans les sociétés les plus conservatrices.

Incidence sur les jeunes

Actuellement, plus d’un tiers des personnes vivant dans des contextes fragiles sont âgées de 15 à 29 ans. Elles comptent parmi les plus touchées par les catastrophes et les conflits, car ce sont elles qui ont le moins de chance de trouver du travail. Les services d’éducation et les systèmes d’aide sociale sont souvent perturbés ou interrompus en temps de crise, entraînant les jeunes dans le cercle vicieux de la pauvreté et de l’exclusion sociale, et les rendant vulnérables au recrutement dans les forces armées, les milices ou les gangs.

Lorsque les jeunes en situation de fragilité sont soutenus par le biais de l’emploi et de la formation, leur énergie, leur créativité et leur investissement dans l’avenir font qu’ils sont particulièrement bien placés pour devenir des agents de la paix et de la résilience.

Associer les jeunes ingénieurs aux efforts de reconstruction à Gaza

Les jeunes sont confrontés à un fort taux de chômage à Gaza. L’OIT a encouragé la collaboration entre l’Université islamique de Gaza (IUG) et le secteur privé afin de créer davantage de possibilités d’emploi pour les jeunes ingénieurs diplômés.

Grâce au Centre de liaison industriel et communautaire de l’UIG, la faculté d’ingénierie de l’IGU a pu faire le lien avec le secteur privé, lui demander son avis sur les programmes d’études, mettre en place des apprentissages structurés, et faciliter l’intégration des étudiants dans le monde du travail grâce à des activités de conseil et à l’adéquation de l’offre et de la demande d’emploi.

Ce projet a bénéficié à la fois aux étudiants/diplômés de l’IUG et aux entreprises du secteur privé qui s’attaquent au problème de la reconstruction. Il a aussi amélioré les programmes d’études universitaires, en les adaptant mieux aux besoins des employeurs et en permettant aux étudiants d’acquérir une expérience sur le terrain dans leur domaine de compétence.

Incidence sur les peuples indigènes et tribaux

La majorité des peuples indigènes et tribaux vivent dans des régions rurales et reculées. Ils sont souvent politiquement, socialement et économiquement marginalisés, et exclus des processus de prise de décisions, y compris sur les questions qui les concernent directement, par exemple la gestion des ressources naturelles, qui est l’une des principales causes de conflits armés dans de nombreux pays.

Les peuples indigènes sont les gardiens de leurs terres, et ils jouent un rôle important dans les opérations de relèvement à la suite d’une catastrophe ainsi que dans l’atténuation des changements climatiques et l’adaptation à leurs effets. La valeur de leurs connaissances et pratiques traditionnelles est clairement reconnue dans l’Accord de Paris sur le climat et dans le Cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe.

Un chemin vers la paix au Guatemala

En 1996, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a accepté de jouer les intermédiaires dans les négociations de paix entre les parties belligérantes au Guatemala, à condition que tout accord conclu réponde aux normes internationalement reconnues en matière de droits de l’homme. L’une des priorités absolues du processus de paix a été de parvenir à l’Accord sur l’identité et les droits des peuples indigènes du Guatemala. Etant donné que l’ONU ne disposait pas d’outils pour régler ce type de conflit, la convention (n° 169) de l’OIT relative aux peuples indigènes et tribaux, 1989, a joué un rôle décisif dans le processus de paix.

Cette convention indique que les peuples indigènes doivent pouvoir participer à l’élaboration des politiques et programmes qui les concernent et à l’organisation de leurs communautés. En plus de créer des mécanismes de consultation des peuples indigènes sur la portée et le contenu de l’accord de paix, la ratification de la convention n° 169 par le gouvernement du Guatemala a jeté les bases de la négociation de solutions pacifiques avec les communautés indigènes.

Le texte final de l’accord de paix qui a été signé comporte aussi des sections qui préconisent la nécessité de mettre fin aux discriminations à l’égard des peuples indigènes, de leur fournir l’accès à de meilleurs services de soins de santé ainsi qu’à des écoles, et de créer des possibilités économiques pour les pauvres, en favorisant notamment la réforme agraire.

Incidence sur les anciens combattants

Les conflits armés laissent dans leur sillage un grand nombre de combattants de l’armée, des rebelles et des groupes paramilitaires. L’une des tâches les plus urgentes dans les situations d’après-conflit consiste à mettre en œuvre le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion de ces combattants dans la vie civile, sans lequel aucune paix authentique et durable ne saurait être garantie. Pour les rebelles comme pour les soldats de l’armée régulière, la paix et la démobilisation signifient bien souvent perte immédiate de leurs revenus et de leur statut.

Une assistance doit leur être fournie dans les plus brefs délais pour les aider à gérer la transition de la vie militaire à la vie civile, et notamment à trouver un emploi qui leur permette de gagner décemment leur vie et de se faire une place au sein de leur communauté.

Montrer la voie à suivre en créant des moyens de subsistance au Sri Lanka

Le programme de l’OIT «Des emplois au service de la paix et de la résilience» au Sri Lanka est une tentative ambitieuse de promouvoir la paix et la résilience dans un environnement d’après-conflit. Le pilier principal du programme est le projet LEED+:  Local Empowerment through Economic Development and Reconciliation (Autonomisation locale via le développement économique et la réconciliation), qui crée des possibilités de subsistance en collaborant avec des coopératives et en s’associant avec des entreprises du secteur privé pour attirer les investissements et impliquer les populations locales dans l’économie.

Pour aider les femmes démobilisées à se réinsérer, l’OIT a mis en place, en collaboration avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et la Société coopérative de femmes entrepreneures de Puthukkudiyiruppu, le programme «EMPOWER: Building peace through the economic empowerment of women in Northern Sri Lanka» (Construire la paix par l’autonomisation économique des femmes dans la région septentrionale de Sri Lanka).

Les participantes ont été intégrées dans des chaînes de valeur créées dans le cadre du projet LEED+ , de manière à leur garantir un accès durable aux marchés et aux ressources. Mille deux cents femmes démobilisées ou touchées par le conflit ont ainsi pu accéder à des services et des moyens de subsistance.

Incidence sur les réfugiés et les déplacés internes

Les gens quittent leur foyer parce qu’ils ne se sentent pas en sécurité ou sont persécutés au sein de leur communauté, ou pour échapper à des catastrophes. Ils migrent vers les Etats voisins (réfugiés) ou vers une autre région au sein de leur propre pays (déplacés internes).

Le voyage depuis chez eux à destination d’une communauté ou d’un pays d’accueil est souvent dangereux, particulièrement pour les femmes et les enfants. Une fois arrivées à destination, les personnes déplacées peuvent être confrontées à la barrière de la langue, à la discrimination, à des problèmes administratifs et logistiques, autant d’éléments qui, bien souvent, les empêchent de trouver un travail décent et de s’assurer un revenu.

Développement des compétences dans le camp de réfugiés de M’bera

Le camp de réfugiés de M’bera, situé dans le sud-est de la Mauritanie, accueille environ 55 000 réfugiés maliens. L’OIT dispense à ces derniers ainsi qu’aux membres de leurs communautés d’accueil des formations en milieu de travail dans le cadre de projets de travaux publics à forte intensité de main-d’œuvre: construction de routes, d’écoles et de centres de formation professionnelle.

Le programme permet notamment aux jeunes de développer leurs compétences et, dans le même temps, d’acquérir une expérience professionnelle et de percevoir un revenu. L’éducation financière et la formation à la création d’entreprise seront introduites dans la deuxième phase du projet. Les participants apprennent aussi les techniques d’écoconstruction et utilisent des matériaux locaux, un moyen de favoriser à la fois l’emploi et la durabilité environnementale.

A ce jour, plus de 700 jeunes réfugiés et membres des communautés d’accueil ont été formés dans des domaines tels que la maçonnerie, l’électricité et la plomberie, et 150 professionnels de la construction ont pu perfectionner leurs compétences.

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